Lectures·Littérature classique

[Critique] Dracula, Bram Stoker

On revient au classique !

Bram Stoker, Dracula, Livre de Poche, trad. Jacques Finné, 1979

                Ah ! Le vampire, dernière égérie littéraire. Qui n’a pas lu un roman parlant de vampires ces dernières années ? Qui n’a pas entendu parler de ces best-sellers le mettant en scène ? Twilight de Stephenie Meyer, La communauté du Sud de Charlaine Harris et Anita Blake de Laurel K Hamilton ont boosté son existence. Il est devenu plus qu’omniprésent, et pas qu’en littérature. Mais aussi au cinéma avec les adaptations des romans, séries télévisées, etc. On pourrait presque croire que c’est un héros littéraire sans intérêt, vide, qui n’a plus rien à montrer et qui s’essouffle aussi vite qu’il est apparu. Au contraire, c’est une figure imaginaire (et littéraire) très intéressante. Pour peu qu’on s’y intéresse, Dracula est LE vampire par excellence, l’ancêtre de ce que l’on connaît maintenant, l’homo sapiens de la race vampirique. Bram Stoker est un des précurseurs, une base de la littérature vampirique.

Résumé :

                Jonathan Harker, jeune notaire, est envoyé en Transylvanie pour rencontrer un client, le comte Dracula, nouveau propriétaire d’un domaine à Londres. A son arrivée, il découvre un pays mystérieux et menaçant, dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante. Très vite, il se rend à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

Source : Le livre de poche, référence de l’œuvre

               L’introduction du comte commence par présenter l’intrigue grâce au personnage de Jonathan Harker. Il doit aider Dracula à tout préparer pour son déménagement à Londres. Mais doucement, il se rendra compte que le comte et un vampire et que sa seule motivation n’est pas de s’enrichir culturellement comme il le dit, mais de pouvoir faire plus de victimes possible. Séquestré, il découvre au fur et à mesure les indices qui lui permettent de déduire que le comte est une dangereuse créature. Une fois cela mis en place, le personnage de Lucy devient la principale victime du comte. Une intrigue entremêlée en quelques sortes puisqu’on n’est pas censés se douter que Jonathan et Lucy sont les victimes du même assassin.

           Le plus surprenant pourrait être la forme du roman. Chaque personnage est sondé dans son intimité propre puisqu’il est écrit tantôt comme un journal intime, tantôt comme les lettres (notamment la correspondance entre Lucy et Mina Harker). La profondeur du bien, contre l’extérieur du mal ! Oui, seul Dracula n’est pas intimement décrit, on ne sait pas ce qu’il ressent. Le lecteur est plongé dans l’esprit du groupe du bien contre le mal, les personnes se battant contre le monstre, l’assassin.

           Attention surtout à ne pas faire d’amalgame, pour ceux qui l’ont vu, avec l’adaptation de Coppola puisque lui met en scène une intrigue amoureuse avec Mina, qui devient éprise de lui alors que chez Stoker, Mina ne ressent que dégoût, haine et mépris. Il n’y a aucune pitié, aucun moyen d’apprécier un tant soit peu ce vampire. Il est le mal qu’il faut combattre, point final.

           Un livre que je conseille aux fans du genre ou qui s’intéressent de près ou de loin à ce mythe littéraire. Un roman qui pourrait remettre le mythe dans le droit chemin duquel il s’est écarté ces dernières années (mais ce n’est que mon avis).

Citation :

« Là dans une des grandes caisses (j’en dénombrai quelque cinquante), sur une couche de terre fraîchement retournée, dormait le comte ! Je reprends le dernier mot – il n’était pas plus endormi que mort car les yeux étaient grands ouverts, comme de pierre mais non vitreux ainsi que ceux d’un cadavre ; les joues, en dépit de leur pâleur, dégageaient de la chaleur et les lèvres étaient aussi rouges que d’habitude. Par contre, je ne découvris aucun des signes de vie que l’on cherche à trouver sur un corps – pouls inexistant, respiration nulle, aucun battement de cœur. Je me penchai sur lui, tentant de découvrir d’autres signes de vie, mais en vain. Il ne pouvait pourtant gésir ici depuis longtemps, car l’odeur de la terre se serait éventée en quelques heures. A côté de la caisse, le couvercle, percé de petits trous. Je me dis que le comte devait conserver les clés sur lui mais quand je me penchai pour le fouiller, je rencontrai son regard, mort, dans lequel je lus pourtant une telle haine, même inconsciente, que je pris la fuite, repassai par la fenêtre et grimpai à nouveau le long du mur du château. Revenu dans ma propre chambre, je me jetai sur mon lit, épuisé, et tentai de rassembler mes idées. »

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2 réflexions au sujet de « [Critique] Dracula, Bram Stoker »

  1. Je l’ai lu il y a quelques mois et j’ai eu beaucoup de mal à le finir…je trouve que ce roman, même s’il reste un classique a beaucoup vieilli et j’ai parfois été bien amusée et agacée de la manière misogyne de voir les femmes (mais bon, c’était l’époque!). Et j’aurais voulu en savoir bien plus sur Dracula!

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    1. C’est bête mais si tu veux en savoir plus sur Dracula tu as les oeuvres de recherches comme celles de Jean Marigny ! Bram Stoker, dans l’ombre de Dracula est une biographie sur l’auteur très bien ficelée et il me semble qu’on apprend des choses sur ce personnage. Sinon tu as Dracula, Prince des ténèbres (en collaboration avec Cécile Du Chéné) qui reprend un peu toutes les apparitions de Dracula en littérature, au theâtre et au cinéma avec un chapitre sur les origines du personnage, lien avec le Vlad Drakul historique ! Sinon il y a Le retour de Dracula que je lirai d’ici quelques semaines et qui sera l’objet d’une nouvelle critique 😉

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