Lectures·Littérature classique

[Critique] Le Parfum, Patrick Süskind

Le parfum, Histoire d’un meurtrier, Patrick Süskind, Livre de poche, Fayard, 1985, Trad. de l’allemand par Bernard Lortholary, 280 pages

              Aujourd’hui, c’est un roman que j’apprécie plus particulièrement je compte vous présenter. Un livre que j’ai lu, pour la première fois, il y a huit ans et dont la relecture ces derniers jours n’a pas changé ma vision. Autant le même émerveillement, j’étais autant captivée par l’histoire de Jean-Baptiste Grenouille, ce meurtrier inconscient. Oui, je vous présente Le Parfum de Patrick Süskind ; un classique pour les amoureux de littérature !

Résumé :

                L’histoire abominable et drolatique de Jean-Baptiste Grenouille a déjà fait rire et frémir, en quelques mois, des centaines de milliers de lecteurs allemands et italiens. La voilà, en somme, réimportée en France, puisque c’est ici qu’elle se passe, à Paris et en Provence, en plein XVIII siècle.

Ce vrai roman, ce roman d’aventures, est aussi un merveilleux conte philosophique à la Voltaire. Il y est d’ ailleurs beaucoup question d’essences…

Source : Babelio

                Par où commencer ? Pour moi (et ce n’est que mon avis parmi beaucoup d’autres) cette œuvre est un chef-d’œuvre, intrigue captivante et originale, l’utilisation des sens est très bien filée tout le long du roman, il casse tous les codes esthétiques au niveau des personnages (Grenouille particulièrement), une œuvre originale, artistique et réussie surtout !

                On entre dans cet univers dès les premières lignes, dès les premières lignes la destinée de Jean-Baptiste Grenouille semble tracée : le nouveau-né meurt, comme tous ses frères et sœurs alors, au beau milieu de la poiscaille, en dessous d’une table sans n’avoir connu ni été connu. Mais tout le contraire se produit, et malgré la dureté de l’écriture de Süskind, on peut être pris d’empathie pour ce petit monstre qui a la rage de vivre. Dès les premiers moments, ce Grenouille n’est pas comme les autres. Il attise la peur, la méfiance et le mépris, il est forcé à la solitude. Pauvre Grenouille. Il est mis sous toutes les conditions les plus rudes les unes que les autres, survit là où personne d’autre ne survit. Mais ce ne sont pas seulement les conditions de vie qui lui rendent la vie impossible, mais ce que l’on pense de lui.

                 En plus de n’être qu’un être sans odeur, rejeté, méprisé par sa laideur, il est aussi traité comme un humain lorsque l’on se rend compte de son utilité, précédant cette prise de conscience il est traité comme un animal : « Grimal ne le traitait plus comme un quelconque animal, mais comme un animal domestique utile. »

                Grenouille, son nom fait aussi référence à un animal, un amphibien sans grande importance que l’on écrase sans sourciller, dont la vie est indifférente, n’est qu’un objet, l’exploitation de la différence qui, après avoir été répulsive, quand elle est utile, devient nécessaire.

                Cet aspect est présent dans l’écriture de l’auteur, une prédiction de la façon dont Grenouille sera perçu par la société, tout le long de l’œuvre il est comparé à une tique, une tique qui a la rage de vivre. Mais une tique est un insecte vicieux, qui fait du mal sans qu’on la perçoive, une métaphore filée vraiment bien choisie : « Ou encore, comme la tique sur son arbre, à laquelle la vie n’avait à offrir qu’une perpétuelle hibernation. La petite tique toute laide, qui donne à son corps couleur de plomb la forme d’une boule afin d’exposer le moins de surface possible au monde extérieur ; qui rend sa peau dure et sans faille, pour ne rien laisser filtrer, pour qu’il ne transpire absolument rien d’elle au dehors. La tique, qui se fait délibérément petite et terne, pour que personne ne la voie et ne l’écrase. »

                 Il y aurait encore tellement de choses à dire sur ce pauvre Grenouille dont le destin catastrophique influence les personnes qu’il côtoie. La mort est sans arrêt autour de lui, elle le flaire, l’approche sans jamais le frapper directement, elle l’accompagne et ravage tout sur son passage, elle l’aide dans son sombre dessein, elle est la compagne silence de Jean-Baptiste, apprenti parfumeur et meurtrier accompli.

               Une œuvre classique, par un auteur génial que je conseille vivement et qui se déguste à toute heure de la journée ! L’itinéraire de Grenouille est prenant, on vit avec lui, on se voit à travers lui, on connaît toutes ses décisions et bien sûr, on connaît les raisons de ses actes immondes. Une œuvre à consommer sans modération !

Citation :

« Lorsqu’il l’eut sentie au point de la faner, il demeura encore un moment accroupi auprès d’elle pour se ressaisir, car il était plein d’elle à n’en plus pouvoir. Il entendait ne rien renverser de ce parfum. Il fallait d’abord qu’il renferme en lui toutes les cloisons étanches. Puis il se leva et souffla la bougie. »

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