Lectures·Littérature classique

[Critique] Sanguines, Pierre Louys

Pierre Louys, Sanguines, Le Bateau Ivre, coll. Bleu soleil, 2013, 213 pages

                Voilà, ma première critique sur un livre que j’ai reçu ! Alors pour la petite histoire : ce recueil de Pierre Louys m’a été envoyé par la maison d’édition Le bateau ivre. J’étais leur 500è like sur leur page facebook, alors pour me remercier ils m’ont laissé choisir une œuvre dans leur catalogue. Attirée par le titre, j’ai donc choisi cette œuvre.

                En faisant des recherches sur l’auteur j’ai découvert qu’il a écrit principalement des œuvres érotiques, dimension que l’on retrouve dans pratiquement toutes les nouvelles de ce recueil.

Résumé :

                         Plus que sanguines ces nouvelles sont sanglantes, tant il est vrai qu’un thème court en filigrane tout au long du recueil : celui de la mort, toujours violente, et pour cela rouge, pourpre, écarlate, mais aussi presque désirée comme châtiment de la convoitise, autant que son plus pur accomplissement.

                Avec ces textes moins connus, Pierre Louÿs apporte ainsi un surprenant contrepoint aux nombreux textes érotiques qui ont fait sa réputation. Ne savait-on pas qu’Eros était indissociable de Thanatos ?

                      J’avoue qu’à la lecture du résumé j’ai été vraiment conquise, moi fervente du fantastique et des histoires macabres. Mais j’avoue avoir été un peu déçue, seule une ou deux nouvelles sont fantastiques. Certes, elles parlent toutes de choses diverses et, peut-être que cette mort peut être vue d’une façon symbolique : la mort de la réputation dans une époque où le paraître était plus important que l’être. Eros oui, Thanatos aussi, mais pas aussi présent que je le pensais.

                     Mais en ce qui concerne l’auteur, je n’ai pas été déçue. C’est une belle surprise. Les nouvelles sont très différentes l’unes de l’autre, elles portent sur des sujets différents. Mes deux préférés sont L’In-Plano et L’homme de pourpre. L’écriture et le sujet sont vraiment bien mené, dans chaque nouvelle on se rend dans un nouvel univers. D’un autre côté, c’est une bonne chose que les nouvelles soient si peu similaires puisque l’on ne s’ennuie pas, la diversité fait l’originalité de cette œuvre. Et les références à l’antiquité sont brillantes, bien menées et j’ai beaucoup apprécié. Ce n’était pas ennuyant, au contraire, cela rajoute un plus.

                  Et puis, les différentes catégories (données par l’éditeur qui a quelque peu changé l’ordre des nouvelles) dans lesquelles elles sont rangées permettent de mieux comprendre la logique de l’œuvre plutôt que si elles avaient été dans le désordre, bien que cela aurait pu contribuer à un plus grand dépaysement littéraire.

                       En bref, c’est une œuvre qui se lit vraiment vite (je l’ai fini en 2 jours, un record pour moi !), et bien. Le style de Pierre Louys est fluide, clair et efficace. Un auteur que je suis heureuse d’avoir connu, que je recommande et que je pense, toute personne s’intéressant à la littérature, devrait le connaître. Peut-être un jour, me laisserai-je tenter par ses autres œuvres ?

                     Une œuvre que je vous recommande de lire à tout prix pour un dépaysement assuré !

Citation :

«       Parrhasios laissa cette colère se déchaîner et se ralentir. Puis, saisissant à ses pieds, par les deux côtés du panneau, le « Prométhée » qu’il venait de peindre, il le souleva lentement et comme religieusement, d’abord au-dessus de la balustrade, puis au-dessus même de son front, si bien qu’il fut caché par lui, et l’œuvre apparut à la place de l’Homme.

     Une brusque secousse ébranla cette foule qui s’approcha encore. Un prodige lui apparaissait : le tableau de la douleur humaine et de l’éternelle défaite par la souffrance et par la mort palpitait au-dessus de ses têtes. Devant ses innombrables yeux, le sommet de la grandeur tragique se découvrait là pour la première fois. Elle frémit. Quelques hommes pleurèrent. Un silence de temple se répandit jusqu’aux dernières bouches de la multitude, et comme des huées essayaient de renaître, une acclamation tonnante les étouffa dans le bruit de la Gloire. »

FBSanguines

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