Lectures·Littérature contemporaine

[Critique] L’enfant-rien, Nathalie Hug

L’enfant-rien, Nathalie Hug, Le livre de poche,Calmann Levy, 120 pages

Ajourd’hui, et avec un peu de retard, je vais parler d’un livre qui m’a marqué, dans le bon sens. Une œuvre courte mais saisissante : L’enfant-rien de Nathalie Hug. Pour la petite histoire, c’est une amie qui m’a donné ce livre en échange d’un des miens, j’en voulais un court pour pouvoir le finir vite. Les pavés en ce moment, j’ai un peu de mal. Bref, revenons-en à l’œuvre à proprement parler.

Résumé :

Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l’arrivée du père de sa demi-sœur, dans l’espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre.
S’il rêve d’un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu’il croit enfermé dans une boite rouge, cachée hors de sa portée.
Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en « tas-de-fraise-à-la-crème », la possibilité d’une vie différente s’ouvre à lui.
Mais Adrien, l’enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n’est pas la sienne ?

                Comme je le disais, une œuvre courte mais prenante. On est vraiment du côté du petit Adrien qui voit cette quête, ce besoin de reconnaissance paternel avec des yeux d’un enfant de dix ans. Un enfant-rien qui cherche à combler ce manque d’amour, ce manque de reconnaissance, ce manque d’attention, ce manque de tout. Un déséquilibre qui se transmet par des tentatives maladroites et des paroles d’enfant sans grande dextérité langagière. Adrien attend son papa, qu’il croit pour être remplacé par celui de Charlotte, qui lui exprime méchamment « Dis-donc morpion, t’essaierais pas de piquer mon papa par hasard ? », piquer son papa, en avoir un tout court serait bien pour lui.

                Le dernier chapitre est, quant à lui, astucieux et révèle la capacité de l’auteure à transcrire les sentiments de ses personnages dans leur état naturel, une méthode d’enfant dans un esprit d’enfant, une tristesse adulte dans un esprit d’adulte. Les mots sont plus dures, la conscience plus réfléchie et la compréhension plus fatale.

 Une œuvre saisissante, courte, très bien écrite et très prenante. Facile d’accès, à emporter et à lire pendant une délicieuse pause. Et Nathalie-Hug est une auteure que je placerai volontiers dans ma liste d’auteur à lire après avoir découvert ce premier roman !

Citation :

« Mais je suis toujours là, malgré mes efforts pour disparaître, je suis sur cette chaise où l’on m’a ordonné de m’asseoir, et j’ai l’impression que le bois de la chaise s’est mêlé à ma chair et que je ne suis plus d’un morceau de bois. »

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