Lectures·Littérature classique

[Critique] Le petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

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Titre : Le petit Prince

Auteur : Antoine de Saint-Exupéry

Traduction :  /

Collection : Hors-série Beaux Livres

Editeur : Gallimard

Prix : 24.90 euros

 

        Cela m’a pris des mois. A chaque fois que je rentrais dans une librairie mon réflexe était de demander s’ils n’avaient pas Le petit Prince en stock. A chaque fois la même rengaine : « nous n’en avons plus ». Soit j’étais vraiment malchanceuse, soit quelqu’un ne voulait pas que je le lise (encore).

       Finalement, un jour où j’accompagnais mon copain pour acheter des mangas, j’ai décidé de vagabonder dans les allées de la librairie. Quel ne fut pas mon bonheur quand je l’ai vu. Je me suis empressée de le prendre, surtout que cette fois-ci j’avais perdu cette poisse légendaire pour une chance inouïe, c’était le dernier.

       L’histoire de ce petit Prince si intriguant et attachant que rencontre Saint-Exupéry par une simple question : « S’il vous plaît, dessine-moi un mouton. » est fascinante et merveilleuse. Un aviateur tombe en panne en plein désert africain. Il est accosté par un enfant, un petit prince comme il l’appelle, lui demandant de dessiner un mouton. S’ensuit ensuite une forte amitié entre ces deux-là, juste le temps qu’il puisse réparer son avion, et l’écoute d’un beau et peu commun voyage.

        Dans le cadre dans lequel apparaît l’œuvre, on pourrait parler d’une œuvre initiatique à valeur moraliste. Une panne, la réparation en parallèle d’un voyage initiatique en quête de paix intérieure. On dit souvent que c’est une œuvre seulement pour les enfants, mais je ne suis pas de cet avis. Ce voyage du petit Prince et l’acquisition de toutes ces valeurs morales oubliées est destiné aux enfants, mais cible également les « grandes personnes » qui ne peuvent plus distinguer un chapeau d’un boa ouvert. Les sentiments, l’ouverture d’esprit et l’imagination, trois choses que l’on oublie en grandissant et qui permettent de rendre la vie meilleure.

      Deux mondes différents qui se rencontrent et apprennent à vivre ensemble. D’une part, l’aviateur devenu grand (mais ayant gardé son âme d’enfant) et d’autre part, le Petit Prince venu d’une étoile. L’imaginaire contre la réalité ? On dit souvent que quand on a la tête dans les étoiles, le mieux est de redescendre sur Terre. Une bien belle illustration de cette idée. La réalité c’est le sérieux, la raison, l’imagination c’est les sentiments, les émotions, quelque chose de futile. Mais ce grain de folie est nécessaire à l’homme pour vivre et avoir un équilibre mental. Sinon tout bascule et les émotions font place à la haine (référence au contexte dans laquelle cette œuvre a vu le jour ?)

        Mais pour moi, le message le plus fort n’est pas celui-ci, mais celui de l’amour et des émotions. La considération d’autrui et l’attention que l’on peut lui porter. Pour moi la rencontre du Petit Prince et du renard est la leçon principale de ce voyage initiatique (où il rencontre également d’autres défauts : le sérieux, le vaniteux, etc.)

       Déjà, la notion d’ « apprivoiser » quelque chose ou quelqu’un, de le rendre unique pour soi, « créer des liens » comme l’affirme le renard : « Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… » N’est-ce pas semblable aux liens que peuvent générer l’amitié et plus fort, l’amour ? Un être unique, on retrouve sa moitié que l’on ne peut quitter, que chaque petite chose de la vie nous fait penser à lui/elle ?

        Ensuite, le secret que lui livre le renard : « Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Une citation très connue. On ne s’attarde pas sur les bonnes choses, ce qui a fait que l’on a perdu les meilleures choses de la vie. On ne vit plus, le sérieux a remplacé la folie, l’amusement que l’on qualifie de futile une fois grand. Les grandes personnes ont perdu cette étincelle, étincelle que le Petit Prince a fait revivre chez l’aviateur : « Et j’aime la nuit écouter les étoiles. C’est comme cinq cents millions de grelots… »

         Pour moi, Le petit Prince est un roman qui touche petit et grand mais qui ne fait pas passer le même message. Une œuvre à découvrir, redécouvrir encore et encore !

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2 réflexions au sujet de « [Critique] Le petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry »

  1. Bonjour,
    Ton article m’a énormément touché, et j’ai les yeux humides à la fin de cette lecture.
    Je tiens à te remercier, car tu es la première personne à me donner envie de le relire. Je l’ai lu enfant et je n’avais pas du tout aimé et là je ne sais pas en lisant tes mots j’ai ressenti une envie de me replonger dedans avec un œil neuf.
    Merci.

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    1. Oh. Ce commentaire me touche beaucoup. Tu réchauffes mon petit coeur. Merci à toi. Et je suis contente de t’avoir un peu plus éclairé et donné envie de lire cette oeuvre qui, pour moi, est tout simplement merveilleuse. J’espère que tu l’apprécieras à cette deuxième lecture. 🙂

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